Où se trouve Hüls ?
Quand on parle de Hüls, il faut s’accrocher un peu, parce que le nom revient à plusieurs endroits d’Allemagne… et même aux Pays-Bas. Perso, je suis tombé dessus en préparant un détour par la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Et ce que j’ai découvert, c’est qu’il y a deux lieux principaux à distinguer : le quartier de Hüls à Krefeld, au nord-ouest de Düsseldorf, et la zone industrielle de Marl, à une cinquantaine de kilomètres plus à l’est. Entre les deux, on parle d’environ 70 kilomètres.
Hüls, version Krefeld, c’est plutôt une zone résidentielle avec un petit centre calme, entourée de champs et de lisières boisées. Assez typique de l’Allemagne de l’ouest, loin des clichés urbains. Marl, en revanche, c’est un tout autre décor : celui d’une industrie chimique lourde implantée depuis les années 30. Deux ambiances, deux usages, mais un même nom qui pique la curiosité.
Quelle est l’origine du nom Hüls ?
Le nom Hüls, je l’ai vu écrit aussi “Huls” ou “Huels”, surtout en anglais. Et en fouillant un peu, je me suis rendu compte que ça vient probablement de “Hülse”, un mot allemand ancien qui désigne… le houx. Rien de très industriel là-dedans, tu me diras. Et pourtant, ce détail botanique a survécu dans plusieurs toponymes, notamment là où la végétation était dense, ou où le houx poussait naturellement.
Il y a d’ailleurs un Hüls aux Pays-Bas, près de Venlo, et d’autres petites localités du même nom un peu partout en Allemagne. Ça renforce l’idée que ce nom désigne d’abord un paysage végétal avant de désigner un quartier ou une usine.
Comment Hüls est-il lié à l’industrie chimique ?
Là, on entre dans le dur. Parce que le nom de Hüls est aussi celui d’une ancienne entreprise chimique fondée en 1938 : la Chemische Werke Hüls. Installée à Marl, elle a été pensée dès le départ comme un site stratégique pour la production de caoutchouc synthétique, notamment du Buna, très utilisé pendant la guerre. C’est l’un des premiers exemples de chimie lourde planifiée en Allemagne, avec des moyens colossaux et une main d’œuvre pas toujours volontaire — mais ça, j’y reviens plus loin.
Pour te situer un peu l’évolution de l’entreprise, voilà un petit tableau synthétique :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1938 | Fondation de Chemische Werke Hüls à Marl |
| 1943-1945 | Bombardements massifs, utilisation de travail forcé |
| 1953 | Restructuration post-guerre, développement du plastique |
| 1998 | Fusion avec Degussa, naissance d’Evonik |
En gros, Hüls c’est un petit nom, mais avec un sacré bagage chimique derrière.
Que s’est-il passé à Hüls pendant la Seconde Guerre ?
Alors là, on entre dans une partie beaucoup moins glorieuse de l’histoire de Hüls. Dès sa création, l’usine chimique de Marl était intégrée dans l’effort de guerre du régime nazi. Son rôle ? Produire massivement du Buna, ce fameux caoutchouc synthétique, indispensable à l’armée. Et pour faire tourner la machine, on a utilisé des travailleurs forcés, dont beaucoup venaient de camps ou étaient réquisitionnés depuis l’Europe occupée. Franchement, c’est une page sombre, mais qu’il ne faut pas ignorer.
Les Alliés le savaient bien : le site était stratégique, et donc ciblé. Entre 1943 et 1945, les bombardements se sont intensifiés. Marl a pris cher, et Hüls avec. Une grande partie de l’infrastructure a été détruite, mais une fois la guerre terminée, l’usine a été reconstruite. Pas question pour les autorités d’occuper les lieux éternellement : très vite, l’industrie chimique a repris ses droits.
Comment Hüls a-t-il évolué après 1945 ?
Après la guerre, l’usine de Hüls aurait pu disparaître, engloutie dans le chaos de l’après-conflit. Mais non. Ce qui s’est passé, c’est une restructuration rapide, avec de nouveaux capitaux, une nouvelle direction, et surtout une volonté de relancer l’activité autour de la chimie “civile”. Le plastique, par exemple, est devenu un axe majeur dès les années 50.
Les années 60 à 80, c’est l’ère de la diversification. Hüls commence à travailler sur des produits plus techniques, s’associe avec d’autres groupes, devient même une entreprise cotée. Le grand tournant, c’est dans les années 90, quand elle fusionne avec Degussa. Ça donnera naissance à Evonik Industries, l’un des géants de la chimie en Europe.
En gros, ce coin de Rhénanie est passé d’une usine liée à l’économie de guerre à une vitrine de l’innovation chimique allemande. Ça force le respect, même si les origines restent sensibles.
Que savez-vous du Marl Chemical Park ?
Aujourd’hui, quand on parle de Hüls à Marl, on pense surtout au Marl Chemical Park. C’est pas juste une usine : c’est une zone industrielle géante, avec plus de 10 000 personnes qui bossent sur place, réparties entre plusieurs entreprises. Evonik y tient une grosse part, mais il y a aussi des prestataires, des labos, des start-up… C’est presque une ville dans la ville, avec ses propres rails, son réseau énergétique, son centre de sécurité.
Je me souviens avoir longé la clôture en voiture : c’est massif. Et ce qui frappe, c’est le contraste entre les cheminées d’un autre temps et les bâtiments ultra‑modernes des services de R&D. Il y a même une politique d’ouverture au public sur certains volets, comme les journées de la science ou les formations en alternance.
Hüls aujourd’hui : quartiers et vie locale
En vrai, quand tu poses les pieds à Hüls-Krefeld, tu sens que t’es loin du tumulte industriel de Marl. Ici, c’est un quartier tranquille, à dominante résidentielle, avec son petit centre, ses commerces de proximité et pas mal d’espaces verts. C’est d’ailleurs un des coins où les familles s’installent pour le calme, tout en restant à 20-30 minutes de Düsseldorf.
Ce que j’ai aimé, c’est l’ambiance un peu hors du temps, avec des maisons basses, un vieux clocher et quelques restos allemands sans prétention. Pas de touristes, pas de bruit, mais une vraie vie de quartier. Il y a aussi le Hülser Berg à deux pas, une colline boisée idéale pour une balade nature. Rien d’époustouflant, mais franchement agréable pour souffler un peu.
Hüls est-il une destination touristique ?
Bon, soyons clairs : Hüls, c’est pas Prague ou Berlin. Mais si t’es curieux, que t’as une bagnole ou que t’es dans le coin pour le boulot, ça vaut le détour. Marl, avec son parc chimique, n’est pas une ville touristique en soi, mais elle attire pas mal de pros et d’étudiants. Du côté de Krefeld-Hüls, c’est plus calme, mais t’as la forêt, des restos, et la possibilité de rayonner vers Duisbourg ou les Pays-Bas tout proches.
Pour t’aider à visualiser un peu mieux ce que t’as autour, j’ai résumé les infos pratiques utiles :
| Point d’intérêt | Distance depuis Hüls | Temps estimé | Accès |
|---|---|---|---|
| Marl Chemical Park | ~65 km | ~50 min en voiture | A52 puis A43 |
| Centre de Krefeld | ~9 km | ~15 min | Bus ou vélo |
| Duisbourg | ~30 km | ~25 min | Train RE10 |
| Frontière néerlandaise | ~20 km | ~20 min | Voiture / vélo |
En résumé, Hüls n’est pas une “destination” en soi, mais c’est un bon point d’ancrage pour découvrir la Rhénanie autrement, loin des sentiers balisés.


